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Faut pas pousser mémé…(par Christine)

11 sept.
2 min de lecture

A ce moment d’une vie où beaucoup de vieilles dames meublent leur temps libre en faisant des gâteaux avec leurs petits enfants, elles, elles tuent.



Ainsi, Berthe la « Mamie Luger » de Benoit Philippon qui à 6h du matin accueille à coups de fusil l’escouade de policiers qui a pris d’assaut sa maison auvergnate.

Plus Dirty Harry que Derrick comme elle se décrit elle-même, la vieille dame de 102 ans va être placée en garde à vue.


Le roman est en réalité le récit de cette garde à vue au cours de laquelle elle va raconter sa vie à l’inspecteur qui l’interroge.

Elle n’a pas eu une vie facile Berthe, ce qui explique selon elle les cadavres trouvés dans sa cave ou ailleurs.

Elle affirme que chacun d’entre eux a mérité son sort, y compris son voisin tué le matin même, quoique, peut-être, pour ce dernier, elle pense y être allé un peu fort.

L’inspecteur Ventura est sidéré par les aveux de cette mamie qui tour à tour l’attendrit et le fait tourner en bourrique.


Le récit est ponctué des petites misères de Berthe qui pèse 38 kg, est édentée, équipée d’un sonotone trop vieux et d’un pacemaker.

Cela ne l’empêche pas d’accueillir les policiers qui viennent d’enfoncer sa porte d’un « vous pourriez vous essuyer les pieds avant d’entrer ».


Pour terrifiant qu’il soit, le récit de la vie de Mamie Luger fait avant tout beaucoup sourire et on ne peut se défendre d’un certain attendrissement envers cette mémé qui ne se laisse pas marcher sur les pieds.




La Mathilde de Pierre Lemaitre dans « le serpent majuscule » a également du répondant.

Elle a 63 ans conduit sa voiture, pas très bien parce qu’elle a les bras courts, et malgré ses kilos excédentaires, elle est très attentive à ses vêtements qu’elle aime chics et chers.

Mathilde s’est illustrée pendant la deuxième guerre mondiale en devenant une spécialiste de l’interrogatoire.

Les soldats allemands peu coopératifs finissaient toujours par craquer entre ses mains.

Ses camarades de combat dans la résistance étaient bien un peu gênés par les conséquences sanglantes des interrogatoires de Mathilde mais comme elle était efficace…

La guerre finie, la reconversion de Mathilde est toute trouvée, elle est devient tueuse à gage pour le compte d’une obscure officine dirigée par un ancien résistant, ancien compagnon de route de Mathilde.

Nous sommes en 1985, elle vient d’accomplir une « mission » sans problème.

Mais Mathilde commence à perdre un peu la mémoire.

Elle oublie les gestes de prudence comme se débarrasser de l’arme pour être sûre de ne pas l’utiliser deux fois.

Elle ne sait pas à quoi correspondent ce nom et cette adresse qu’elle a griffonnés sur ce papier trouvé au fond de sa poche et en conséquence, va assassiner sa potentielle aide ménagère.

Le comportement hiératique de Mathilde devient ainsi une menace pour ses employeurs mais on ne se débarrasse pas aussi facilement d’une tueuse aussi expérimentée, même si elle perd un peu les pédales.


Drôle, immoral et réjouissant proclame la couverture du livre et c’est tout à fait ça.


Les personnages de vieilles dames « indignes » ne sont pas si répandus dans le polar pour passer à côté de Berthe et Mathilde.

 
 
 

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