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Adeline Dieudonné « Dans la jungle » (Pasquale)

  • il y a 15 heures
  • 2 min de lecture

Un roman glaçant sur la mécanique insidieuse de l’emprise. 

L'incipit du nouveau roman d'Adeline Dieudonné revêt une forme percutante, très accrocheuse qui laisse pantois  après sa lecture. La question instinctive qui vient à l'esprit  est : « Mais, que s'est-il passé ? »


Pris au dépourvu par l'effet de surprise, on assiste en même temps que les trois membres de cette famille présente à la lecture officielle et foudroyante de l'acte successoral, commenté par le notaire pour le meurtre d'une jeune femme et de ses deux enfants dont le mari s'est ensuite donné la mort. Le meurtrier est Arnaud, le fils de Didier et de Judith, ici présents . La jeune femme se nomme Aurélie, mère de Diego et Lily, tous les trois assassinés dont la mère Suzanne, est ici présente. 


La révélation est encore plus glaciale, car il est clair qu'il s'agit à la fois d'un féminicide et d'un infanticide.


Tous ces ingrédients réunis pour donner du piquant à cette « mise en bouche » sont appropriés pour nous maintenir captivés et créer un sentiment de malaise et d'inconfort.


Le montage est judicieux et va servir de pilier à l'auteure pour dérouler ou plutôt rembobiner l'histoire sur treize années  afin de nous amener à comprendre peu à peu le motif de cette tragédie familiale .



Mais, cependant l'engouement et la curiosité à l'issue du premier chapitre s'étiolent en raison d'événements et de l'insertion de relations amicales qui traînent en longueur et n'apportent pas grand intérêt à l'histoire.  Ces chapitres viennent parasiter la première partie du roman en nous éloignant du cœur du sujet et contribuent à ralentir la mise en place de la mécanique de l'emprise, bien plus perceptible en dernière partie du roman .


Arnaud et Aurelie, un couple issu d'un milieu bourgeois dont la chute parait inévitable de par leur quotidien trop bien corseté dans tout un tas de règles et de principes absurdes décrétés par l'époux les conduisent à l'irréparable. Mais derrière tous ces signes, ces agissements, cette surveillance numérique, on ne sait pas grand chose de la personnalité d'Arnaud ni de son parcours psychologique qui l'ont conduit à cet acte de barbarie. 


La construction de la narration me semble trop structurée et ne permet pas de se plonger à l'intérieur des personnages, créant ainsi une ambiance contrôlée qui empêche une véritable perception de l'intimité.


Par le fait , l'attachement aux personnages notamment pour Aurelie, la victime, m'a été compliqué . Je n'ai pas réussi à m'apitoyer sur son sort  car l'auteure a fait le choix de la rendre  un peu trop mécanique et bien trop souvent transparente. 


Un avis mitigé avec des points positifs et d'autres moins. Je suis restée un peu en retrait à regret et j'ai ressenti un trop peu d'émotions que celles se manifestant pour d'autres ouvrages traitant du même sujet.


Je suis peut-être passée à côté de ce qu'Adeline Dieudonné voulait nous transmettre... cela ne m'empêchera de lire « La vraie vie » de cette même auteure. 


Pasquale

 
 

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